DIVERSITÉ BIOLOGIQUE ÉTAT ET PRODUCTIVITÉ DES ÉCOSYSTÈMES SOL ET EAU CONTRIBUTION AUX CYCLES ÉCOLOGIQUES PLANÉTAIRES AVANTAGES ÉCONOMIQUES ET SOCIAUX RESPONSABILITÉ DE LA SOCIÉTÉ
Avantages économiques Répartition des avantages Durabilité des avantages
Indicateur 5.1.1 - Contribution des produits ligneux au produit intérieur brut Indicateur 5.1.2 - Valeur des produits ligneux de seconde transformation par volume récolté Indicateur 5.1.3 - Production, consommation, importations et exportations de produits ligneux Indicateur 5.1.4 - Contribution des produits non ligneux et des services forestiers au produit intérieur brut Indicateur 5.1.5 - Valeur des produits non ligneux et des services forestiers non commercialisés
Indicateur 5.1.4 - Contribution des produits non ligneux et des services forestiers au produit intérieur brut
Indicateur de base


Les produits forestiers non ligneux (PFNL) comprennent plus de 500 produits végétaux et tous les produits qui proviennent directement ou indirectement des organismes vivants des écosystèmes forestiers. Cette définition exclut toutefois les produits ligneux classiques et les pâtes et papiers ainsi que les produits à valeur ajoutée issus de l'industrie du bois d'ouvre et des pâtes et papiers (Duchesne et Wetzel, 2002). Le secteur des PFNL est à la base du mode de vie traditionnel des Autochtones depuis des milliers d'années et procure également des revenus supplémentaires et des emplois saisonniers à des collectivités rurales dont les possibilités économiques sont limitées.

Toutefois, ces dernières années, de grands secteurs de l'industrie, comme la foresterie, l'agriculture, la biotechnologie et l'industrie pharmaceutique, ont commencé à tirer parti du potentiel commercial des PFNL. C'est ce qui explique que la récolte des PFNL, qui formait une industrie marginale, soit devenue au cours de la dernière décennie un important secteur. Comme il s'agit d'un secteur émergent, il existe peu de données historiques. De plus, rares ont été les tentatives d'intégration des industries des PFNL et du bois d'ouvre. L'augmentation de la demande de PFNL et de leurs produits à valeur ajoutée peut offrir aux collectivités tributaires des ressources des possibilités à exploiter.

Selon les estimations de Duchesne et Wetzel (2002), la contribution de l'industrie des PFNL traditionnels à l'économie canadienne pourrait s'élever à un milliard de dollars, mais les données à jour précises font défaut. Il n'existe pas non plus d'estimation de la contribution potentielle de la plupart des PFNL au produit intérieur brut du Canada (PIB) et elle serait difficile à établir puisque les PFNL couvrent de nombreux secteurs d'activité (tableau 5.1a).

Tableau 5.1a Exemples de produits forestiers non ligneux (PFNL) du Canada
Catégorie de PFNL Exemples

Produits alimentaires sauvages comestibles Aliments fonctionnels, champignons, petits fruits, herbes, légumes et épices, miel, sève des arbres, noix des arbres, riz sauvage, plantes du sous-étage, huiles essentielles, graines, tisanes, aromatisants
Matériaux et produits de fabrication Produits chimiques de base (acide polylactique, lévulinique), bioplastiques, produits chimiques sylvicoles (lignosulfates), huiles essentielles
Produits de santé et d'hygiène personnelle Produits pharmaceutiques, nutraceutiques, cosméceutiques, huiles aromathérapeutiques, produits de santé à base d'herbes médicinales, fragrances
Articles de décoration et d'ornement Produits floraux et verdure (comme le salal), produits d'artisanat, arbres de Noël, produits d'artisanat autochtone, sculptures et spécialités en bois, pommes de pin
Produits écologiques Biocarburants, biopesticides
Produits d'aménagement paysager et de jardinage Matériel à repiquer (arbres, arbustes, fleurs sauvages, herbacées), paillis, amendements du sol
Bioproduits sans prélèvement de ressources Crédits de carbone, tourisme et éducation, préservation de la biodiversité, loisirs, qualité de l'eau


On a établi la contribution de certains PFNL à l'économie canadienne, par exemple celle de l'industrie acéricole dont la valeur économique va grandissant depuis les années 1990 et a atteint 156 millions de dollars en 2003 (figure 5.1k). Selon Agriculture et Agroalimentaire Canada, le Canada a produit en 2003 environ 85 % du sirop d'érable de la planète et en a vendu plus de 36 558 tonnes à plus de 42 pays.2 Selon des données préliminaires de Statistique Canada (2005a), les recettes monétaires agricoles pour ce produit ont atteint 146 millions de dollars en 2004 et 133 millions au second trimestre de 2005.

Figure 5.1k

Figure 5.1k Valeur des produits de l'érable dans le produit intérieur brut (PIB). (Source : Statistique Canada, 2005b)
Données Mises à jour : PDF | Excel


La production d'arbres de Noël est un autre exemple de sous-secteur prospère des PFNL. Selon les données antérieures de Statistique Canada, quelque 3,9 millions d'arbres de Noël ont été produits au Canada en 2004, et environ 1,7 million d'entre eux ont été vendus à des ménages canadiens, une baisse comparativement aux ventes de 2,4 millions d'arbres en 1992. Les exportations vers les États-Unis sont toutefois à la hausse, ayant atteint 2,3 millions d'arbres et représentant plus de 36 millions des ventes de 62 millions de dollars en 2004 (Ressources naturelles Canada, 2006).

Enfin, même si les fourrures proviennent de plus en plus de fermes d'élevage, il demeure qu'environ 38 % des fourrures sont tirées de nos forêts et sont récoltées par des trappeurs (Ressources naturelles Canada, 2006). En 2003, l'année la plus récente pour laquelle des données sont disponibles, 1,47 million de fourrures provenaient d'animaux d'élevage et 902 000, du piégeage (en excluant les peaux de phoques). Les revenus du piégeage (en excluant les peaux de phoques) s'élevaient à 25,6 millions de dollars.

Ce sont là trois exemples caractéristiques des produits peu techniques qui contribuent à soutenir les collectivités forestières et fournissent d'autres sources de revenus que les opérations forestières. La production et la contribution économique actuelles de la catégorie des produits alimentaires sauvages comestibles ainsi que leur potentiel économique ont été estimés de manière générale (tableau 5.1b).

Tableau 5.1b Production actuelle estimative des produits alimentaires d'origine forestière dans l'économie canadienne (Sources : AAC, 2000, 2003; Mitchell and Associates, 1997; Wills et Lipsey, 1999)
Produits alimentaires d'origine forestière Production en tonnes ou en litres (000) Valeur économique actuelle (000 $) Potentiel économique supplémentairea
Produits secondaires ou potentiel supplémentaire Valeur (000 $)

Miel 37 072 160 805 Pollinisation, cire, gelée royale, propolis 1 000 000
Sève des arbres 34 761 163 968 Produits de sirop de bouleau
Potentiel supplémentaire de l'érable
31 200
164 000
Petits fruits 149 373 278 654 Créneaux spécialisés : fruits indigènes 26 000
Champignons 1 43 000 Potentiel d'exportation de produits comestibles 115 000
Végétaux du sous-étage 2 75 321 Ginseng cultivé en forêt 753 210
Riz sauvage 1 013 3 492    
Total   725 240 Total 2 089 410
a Dans certains cas, le potentiel économique a été calculé même si des statistiques officielles n'ont pas été publiées.


À l'autre extrémité de la gamme technique, l'application croissante de la biotechnologie à la transformation de la biomasse aura pour effet de créer de nouveaux PFNL, que l'on appelle également des bioproduits. La biomasse végétale ou phytomasse peut être transformée et convertie par fermentation et par d'autres procédés en substances chimiques, en combustibles et en d'autres produits comme les bioplastiques. À mesure que les marchés évolueront pour se libérer d'une dépendance à l'égard des combustibles fossiles au profit de sources de matières premières renouvelables, la contribution des PFNL à l'économie canadienne devrait augmenter rapidement.

Au nombre des services forestiers figurent diverses activités de plein air, comme les services de guides et de pourvoirie, la chasse, la pêche, le tourisme, etc., qui sont tributaires de la forêt. Les données à jour sur les retombées économiques de ces services font défaut, et l'Enquête nationale sur l'importance de la nature pour les Canadiens (Environnement Canada, 1999) est encore la base de données la plus complète et la plus récente sur les activités et les dépenses des Canadiens pour les loisirs de plein air. Cette enquête met en évidence l'importance énorme que les forêts et leurs valeurs non ligneuses revêtent pour les Canadiens. Selon les résultats de cette enquête, les dépenses totales consacrées par la population canadienne à des activités liées à la nature dépassaient les 11 milliards de dollars en 1996.

Même si la plupart des provinces ne disposent pas de données plus récentes, la Colombie-Britannique et le Québec ont des données économiques préliminaires à jour sur leurs services forestiers. En 2003, ces activités étaient évaluées à 142,2 millions de dollars en Colombie-Britannique, créant de l'emploi pour 1900 années-personnes (BC Stats, 2005). Au Québec, plusieurs études ont indiqué que jusqu'à trois milliards de dollars sont dépensés annuellement dans les activités de chasse et de pêche sportives, de plein air récréatif et d'observation/photographie des espèces sauvages, lesquelles ont un effet d'entraînement d'une valeur supplémentaire de 1,5 milliards de dollars en activité économique. Ces dépenses ont permis de créer et d'entretenir 32 000 emplois dans la province et de verser annuellement 818 millions de dollars en salaires et traitements.3 Une mise à jour de l'Enquête nationale sur l'importance de la nature pour les Canadiens fournirait de précieux renseignements sur la valeur actuelle des services forestiers pour le PIB du pays.

2 http://ats-sea.agr.gc.ca/supply/3310000_f.htm
3 http://www.fapaq.gouv.qc.ca/fr/faune/faunenatureenchiffres.htm