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Indicateur 5.1.3 - Production, consommation, importations et exportations de produits ligneux
Indicateur d'appui
Les abondantes ressources forestières du Canada sont non seulement suffisantes pour répondre à la demande de produits forestiers des consommateurs canadiens mais également pour en faire le plus important exportateur net de produits forestiers au monde. En 2003, l'année la plus récente pour laquelle des données sont disponibles, les expéditions effectuées par les industries canadiennes de produits en bois et par celles du papier et des produits connexes étaient évaluées à 65 milliards de dollars. Les expéditions des produits de l'exploitation forestière ont été estimées à 12 milliards de dollars additionnels, portant la valeur totale des expéditions à 77 milliards de dollars. Cette année-là, les exportations canadiennes de produits forestiers ont été évaluées à 39,6 milliards de dollars, en excluant les réexportations. Selon l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), la contribution du Canada représentait le sixième des exportations mondiales totales en 2003 (FAO, 2004). Puisque les exportations sont des expéditions destinées aux marchés étrangers, elles sont souvent retranchées des expéditions totales de produits forestiers afin de déterminer la proportion des expéditions destinées au marché canadien. Cette analyse peut toutefois induire en erreur, car les expéditions intérieures se composent en partie de produits intermédiaires qui subissent une nouvelle transformation avant d'être exportés. Il est donc préférable de ne pas tenir compte des expéditions intérieures de produits intermédiaires et de comparer les exportations avec les expéditions intérieures de produits finis. Ainsi, les expéditions de bois rond par les exploitants forestiers, évaluées à 12 milliards de dollars, sont rarement destinées à l'exportation, mais le bois rond est souvent transformé en produits forestiers qui sont destinés à l'exportation. Dans cette perspective, il est erroné de considérer les expéditions de bois rond comme étant uniquement des expéditions intérieures. Il en va de même pour les produits de première transformation qui servent à produire des produits de seconde transformation destinés à l'exportation. Le modèle intersectoriel canadien de Statistique Canada permet de suivre la chaîne de production de tous les produits forestiers. En éliminant la transformation des produits intermédiaires destinés à d'autres industries forestières, il est alors possible de vérifier la proportion des produits forestiers qui était demeurée au Canada et celle qui était destinée à l'exportation en 1999.1 Selon les estimations, 64 % des expéditions intérieures de produits forestiers de 1999 étaient destinées à une autre industrie forestière à des fins de transformation plus avancée, et 36 %, à l'exportation, aux consommateurs ou à une industrie non forestière (comme la construction résidentielle). Il devient alors possible de calculer que 79 % des produits forestiers finis transformés au Canada étaient destinés à l'exportation, tandis que 21 % sont demeurés au pays. Ces estimations ne comprennent pas les produits transformés par des industries non forestières, qui peuvent également exporter leurs produits (des armoires de cuisine, par exemple). L'importance des marchés étrangers pour les produits forestiers canadiens est particulièrement frappante pour les trois principaux produits transformés au Canada : le bois d'ouvre résineux, la pâte de bois et le papier (papier journal, papiers fins et carton). Environ 81 millions de mètres cubes de bois d'ouvre résineux ont été produits en 2005, et les exportations ont été du double de la consommation intérieure (figure 5.1h). Environ 25 millions de tonnes de pâte de bois ont été produites cette année-là, mais la consommation a été supérieure aux exportations (figure 5.1i) parce que la pâte de bois est un produit intermédiaire qui est transformé en papier et carton et exporté comme tel. Les 15 millions de tonnes de pâte de bois utilisées au Canada ont été mélangées à 5 millions de tonnes de papier recyclé pour produire 20 millions de tonnes de papier et de carton, dont 8 millions de tonnes de papier journal. Sur ces 20 millions de tonnes de papier et carton, à peine 5 millions ont été consommées au Canada, tandis que 15 millions ont été exportées. Le Canada n'a consommé que 1 million de sa production d'environ 8 millions de tonnes de papier journal, et il en a exporté presque 7 millions de tonnes (figure 5.1j). Le Canada est ainsi le plus grand producteur et exportateur mondial de papier journal.
Figure 5.1h Production, exportations et consommation canadiennes de bois d'ouvre résineux. (Source : Statistique Canada, 2005c) Données Mises à jour : PDF | Excel
Figure 5.1i Production, exportations et consommation canadiennes de pâte de bois. (Source : Statistique Canada, 2005c) Données Mises à jour : PDF | Excel
Figure 5.1j Production, exportations et consommation canadiennes de papier journal. (Source : Statistique Canada, 2005c) Données Mises à jour : PDF | Excel Malgré l'abondance de ses ressources forestières, le Canada importe toujours certains produits ligneux. Il peut y avoir à cela plusieurs raisons. L'une est que le produit importé est fabriqué à partir d'essences qui ne poussent pas au pays ou qui ne sont pas disponibles en quantités suffisantes. Une autre est que le produit est si spécialisé qu'il vaut mieux le transformer près du principal marché plutôt que près de la ressource (comme dans le cas de certains emballages alimentaires, de filtres en papier, etc.). Puisque le marché canadien est beaucoup plus petit que celui des États-Unis, le produit spécialisé peut être fabriqué chez nos voisins du Sud, puis importés au Canada. Les importations canadiennes de produits forestiers étaient évaluées à un peu plus de 10 milliards de dollars en 2005, d'où une balance commerciale largement excédentaire de 31,9 milliards de dollars dans ce secteur. Par comparaison, la balance commerciale de l'ensemble de l'économie canadienne s'élevait à moins de 56,1 milliards de dollars. L'important excédent commercial des produits forestiers profite à l'ensemble de la population canadienne, puisque les revenus sont ré-investis dans l'économie canadienne, permettant ainsi aux Canadiens et aux Canadiennes d'importer d'autres produits sans engendrer de déficit commercial pour le pays. 1. Lorsque cette étude a été entreprise, le modèle intersectoriel le plus récent était celui de 1999. |