Indicateur 6.2.1 - Superficie des terres forestières publiques ayant fait l'objet d'études sur l'utilisation traditionnelle des terres
Indicateur de base
Depuis plus d'une génération, les collectivités
autochtones font appel au savoir des Aînés pour dresser
une carte des endroits revêtant une importance
culturelle ou traditionnelle, tant dans leurs réserves
que dans leurs territoires traditionnels, situés pour
la plupart sur des terres publiques provinciales et
territoriales. Les collectivités autochtones effectuent
des études sur l'utilisation des terres pour plusieurs
raisons. En premier lieu, ces études rehaussent le sentiment
de fierté d'une collectivité pour son histoire
culturelle et la sensibilisent à ses rapports passés et
actuels avec la terre. Les données consignées et
cartographiées fournissent de précieuses indications
sur les orientations d'une collectivité en matière d'administration
et d'aménagement de son territoire. En
deuxième lieu, nombre de ces études sont entreprises
pour appuyer des revendications territoriales ou pour
s'assurer que les utilisateurs industriels, lors de la planification
de l'aménagement des forêts sur le territoire
traditionnel, reconnaissent et respectent les valeurs
traditionnelles. Au cours des dernières années, la
communauté scientifique occidentale a commencé à
reconnaître la valeur des connaissances traditionnelles
pour la gestion contemporaine de l'environnement.
De nombreuses études sur l'utilisation traditionnelle
des terres ont également été réalisées au fil des ans
un peu partout au Canada. Cependant, on ne connaît
pas leur nombre total puisque aucun effort concerté
n'a été effectué pour les répertorier. Certains Autochtones
ne voulaient pas, dans certains cas, que leurs
études et l'information qu'elles contiennent soient
du domaine public.
Les données utilisées pour rendre compte de cet indicateur
nous ont été fournies par les organismes provinciaux
et territoriaux chargés de l'aménagement
des forêts, mais les données sur la superficie des terres
forestières publiques où des études sur l'utilisation
traditionnelle ont été effectuées sont rares (tableau 6.2a).
Plusieurs provinces ont une bonne idée du nombre
d'études entreprises sur les terres publiques, mais
seul le Québec a été en mesure de fournir des données,
bien que minimes, sur la superficie des terres forestières
visée par des études sur l'utilisation traditionnelle.
Il est évident que le nombre d'études réalisées
ou en cours n'est que celui dont ces organismes ont
connaissance. Toute autre étude qui pourrait se dérouler
actuellement sur des terres publiques, mais sans
la participation ou un financement direct des organismes
provinciaux ou territoriaux, passera inaperçue.
Tableau 6.2a Études sur l'utilisation traditionnelle des terres réalisées sur les terres publiques
| Province/territoire |
Description des études prévues, en cours ou réalisées |
|
| Terre-Neuve-et-Labrador |
Information non disponible. |
| Île-du-Prince-Édouard |
Information non disponible. |
| Nouvelle-Écosse |
Information non disponible. |
| Nouveau-Brunswick |
Information non disponible. |
| Québec |
Au Québec, deux grands projets sont en cours. L'un intéresse les Cris du Québec (6 617 700 ha visés par l'Entente concernant une nouvelle relation entre le gouvernement du Québec et les Cris du Québec) et l'autre, les Algonquins du lac Barrière (1076 415 ha visés par l'Accord trilatéral sur le lac Barrière). Ils consistent à cartographier les utilisations traditionnelles et divers sites d'intérêt afin de les intégrer aux plans d'aménagement forestier. De plus, les collectivités mi'kmaq de Listuguj et Gesgapegiag ont élaboré des projets de plans de gestion intégrée des ressources afin de dresser l'inventaire des sites qui présentent de l'intérêt pour les Autochtones et de les intégrer à un plan d'aménagement forestier. Les superficies forestières visées par ces études sont respectivement de 11225 ha et de 47 500 ha. |
| Ontario |
Le ministère des Richesses naturelles mène actuellement certaines études, mais aucune précision détaillée n'est encore disponible à ce sujet. Une importante étude sur l'utilisation traditionnelle du territoire est actuellement réalisée par la Première nation de Pikangikum dans le Nord-Ouest de l'Ontario. Elle alliera connaissances traditionnelles et technologies SIG pour cartographier certaines caractéristiques naturelles ainsi que les valeurs et les utilisations traditionnelles. |
| Manitoba |
Dans le cadre du projet pilote de gestion écosystémique du Manitoba sur la rive orientale du lac Winnipeg, la province a accordé une aide financière à trois collectivités autochtones afin qu'elles réalisent des études sur l'utilisation traditionnelle du territoire (2001-2002 à 2003-2004). Durant la même période et dans la même région, la forêt modèle du Manitoba a financé des études similaires réalisées par trois autres Premières nations. |
| Saskatchewan |
Information non disponible. |
| Alberta |
La province a alloué 2,25 millions de dollars sur trois ans pour financer des études. On y compte 27 études en cours de réalisation et 3 déjà terminées. La superficie des terres forestières publiques visées par ces études ne sera pas connue tant que toutes les études ne seront pas terminées. |
| Colombie-Britannique |
La province a financé un programme d'étude de l'utilisation traditionnelle du territoire de 1994 à 2001. En mars 2002, on recensait 59 projets sur l'utilisation traditionnelle du territoire qui documentaient les connaissances écologiques et l'utilisation culturelle des terres et des ressources. |
| Yukon |
Les Premières nations ont réalisé des études sur l'utilisation traditionnelle du territoire principalement pour appuyer les négociations sur leurs revendications territoriales. Ces études ont porté sur l'ensemble du territoire du Yukon. De nombreuses autres études ont été effectuées par les gouvernements fédéral et territorial. Des études/consultations se poursuivent dans le cadre du processus de planification de l'utilisation du territoire. On ne dispose d'aucune information sur le nombre d'études entreprises et menées à bien. |
| Territoires du Nord-Ouest |
Des études ont été menées dans tout le territoire par diverses collectivités autochtones et d'autres organismes, organisations et chercheurs, mais leur nombre n'est pas connu. |
Le manque de données sur cet indicateur semble
montrer la nécessité pour les provinces et territoires
d'exiger de l'information précise en élaborant un jeu
de critères mesurables pour répondre à la question
posée par l'indicateur.